Eric POMMET
Un Nouveau Souffle
Canton Sainte Foy lès Lyon/La Mulatière
| Juillet 2009 | ||||||||||
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" Après quelques mois de silences, après quelques semaines de réflexions, j’ai décidé de me mettre en congé du Parti Radical de Gauche, formation politique à laquelle j’appartiens depuis plus de 10 ans et que je pense avoir servi avec courage et loyauté. Mais aujourd’hui je ne me retrouve pas dans un parti qui n’est plus, à mon sens un parti de valeurs et de convictions, mais un conglomérat de calculs et d’ambitions.
Depuis 2007, j’étais très circonspect. J’ai soutenu la candidature de Ségolène Royal sans retenue, ni arrière pensée. Je l’ai fait avec convictions, je suis de gauche par nature et je ne pouvais me résoudre à ce que mon camp perde une nouvelle fois l’élection présidentielle. Après deux mandats de Chirac, l’élection de Sarko est un incroyable bond en arrière de 40 ans en matière de progrès social.
Le vote des Français ayant placé Sarko à la tête de l’Etat, je pensais que le PRG, s’appuyant sur ses valeurs fondamentales, qui ont fait notre République, ces valeurs d’humanisme que nous avons porté très haut depuis plus d’un siècle, je pensais que notre parti aurait pu être le pivot d’une reconstruction de la gauche que les socialistes ne parviennent pas à opérer, coincés qu’ils sont entre Bayrou et Besancenot. Je pensais que face à cette droite oligarchique et autoritaire, notre parti se positionnerait clairement en opposant résolu et combatif. Au lieu de cela nous avons eu un parti absent ou bafouillant mais nous avons surtout eu cette poignée de main sur le perron de l’Elysée, entre les deux tours des législatives. A Lyon on a dit (ou écrit) beaucoup de choses sur le résultat du scrutin de la 1° circonscription, moi je tiens personnellement Jean Michel Baylet responsable de la défaite de Thierry Braillard, mais ça je ne l’ai jamais entendu ! Cette poignée de main aurait déjà du nous amener à nous positionner en marge de ce parti qui joue les fantoches. Nous placer en opposition à un président qui n’a fait que nous décevoir depuis le Congrès de Lyon, trop occupé qu’il est à garder le pouvoir sur son armée mexicaine. Aujourd’hui il auto-proclame ses généraux (les vice présidents) sans même les en informer, il nomme des secrétaires nationaux parmi ceux qui ont quittés le parti, à grand renfort de communication médiatique, pour aller, au mépris des accords départementaux, faire campagne avec le MODEM. Enfin il fait du rapprochement avec le Parti Radical Valoisien, l’un de ses enjeux principaux pour l’obtention d’un maroquin, en nous imposant Borloo aux Universités d’été.
Mais notre parti est rongé jusqu'à la base. Je ne parlerai pas de ceux qui aujourd’hui sont adjoint d’un Maire de droite, ou, dans la tradition pradelienne, adjoint ou élus dans une Mairie « sans étiquette », et qui, dans un patchwork où ne s’y retrouvent que ceux à qui cela profite, cohabitent, dans le groupe politique avec des bayroutistes, des sarkosistes et autres.
Le PRG va à sa perte parce qu’il ne sait plus fonctionner dans une autre dynamique que celle impulsée par le national, nous ne savons plus où sont les électeurs, nous ne savons plus où sont les militants :
« Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs, Tout petit prince a des ambassadeurs, Tout marquis veut avoir des pages. »
Quelle déception de voir, lors de cette réunion régionale, que nous petits soldats nous n’avions d’autre issue que de nous soumettre à la décision du Comité Directeur, quand il nous a imposé une Assemblée Générale Nationale à préparer en un mois et demi après les municipales, entérinant ainsi la réélection de Baylet sans adversaire face à lui. Et que dire de la dernière Assemblée Générale de la Fédération du Rhône, où l’on élit un nouveau président uniquement sur des professions de foi écrites, en refusant d’ouvrir un débat entre la salle et les candidats.
Non je ne peux intellectuellement plus me satisfaire d’appartenir à ce parti en l’état actuel des choses.
Aujourd’hui je comprends la vox populi qui ne se retrouve pas au travers des partis politiques qui ne lui ressemblent plus. Je ne rejoins pas plus
une autre formation politique. Je reste conseiller municipal, sans appartenance partisane, mais avec les mêmes convictions et la même détermination. Les voix qui m’ont élues ont des visages que
je croisent au quotidien, je veux rester crédible à leurs yeux, je veux que le regard qu’il posent sur mon action publique soit sans équivoque. Parce que je crois sincèrement que l’on peut
changer le cours des choses par des gestes minuscules, je continue à mener modestement mon action politique de terrain en homme libre, libre de sa pensée, libre de sa parole".
ça fait du bien et ça redonne la pêche pour la bagarre sur le terrain !!!